Pourquoi les jeunes médecins sortis d’internat sont-ils si peu attirés par la médecine libérale ?

3 février 2020 | Médecin généraliste

Ces dernières années, le nombre de déserts médicaux n’a cessé d’augmenter, et ce, aussi bien en zone rurale que dans les villes de plus de 10 000 habitants. Il s’agit de territoires où le nombre de médecins par habitant est nettement plus bas que dans le reste du pays. Le manque le plus important touche les professions libérales au profit des hôpitaux ou des cliniques. Quelles sont les raisons d’une telle baisse de la densité médicale ? La médecine libérale est-elle en danger ?

Un numérus clausus trop exigeant ?

En 1971, Simone Weil, ministre de la Santé, a signé la mise en place du célèbre numérus clausus sanctionnant les étudiants de première année de médecine, aujourd’hui appelée Première Année Commune aux Études de Santé (PACES). Le but était de limiter le nombre de personnes intégrant les études de santé. L’objectif a été atteint depuis, en revanche, dans le même temps, les communes et hôpitaux subissent un réel manque de professionnels de la santé. Ainsi, de nombreux médecins libéraux ne comptent plus leurs heures et sont obligés de refuser les nouveaux patients. La perspective de journées sans fin n’est pas aux goûts des futurs praticiens.

Après la première année, les difficultés ne sont pas terminées pour les apprentis docteurs, puisqu’en sixième année, un second concours encore plus exigeant les attend. Il s’agit de l’étape qui déterminera leur spécialité. Les étudiants eux-mêmes témoignent, tout sera déterminé par leur classement. Une approche qui ne reflète pas un projet professionnel construit.

Un cursus axé sur une carrière en milieu hospitalier ?

Les années précédant le concours pour la poursuite en internat sont rythmées par des périodes de stage plus ou moins longues. Une écrasante majorité de ces immersions ont lieu en milieu hospitalier, et seuls trois mois sont consacrés à la pratique de la médecine libérale. Ainsi les étudiants n’ont plus pour ambition l’ouverture ou la reprise d’un cabinet, mais plutôt la direction d’un service d’un Centre Hospitalier Universitaire par exemple. De plus, dans ce milieu, les jeunes praticiens travaillent en équipe, avec le soutien d’autres médecins spécialisés, d’un secrétariat ou encore d’infirmiers. La solitude d’un cabinet médical n’attire plus nécessairement les étudiants et ils seront davantage portés vers l’intégration d’un centre médical pluridisciplinaire pour bénéficier de l’expérience de leurs collègues.

De plus, les démarches administratives d’un tel emploi repoussent bon nombre d’internes au profit d’une activité salariée pour laquelle la rémunération est quasiment identique.

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