Est-ce possible d’être médecin coordonnateur en Ehpad et médecin prescripteur à la fois ?

3 décembre 2019 | Carrière médicale

Attirés par le métier de médecin coordonnateur et son rôle d’élaboration et d’organisation de l’offre de soins gériatrique en EHPAD, nombre de praticiens souhaitent conserver leur rôle de médecin prescripteur. Dans un cadre défini, qui tend à s’élargir, ces deux fonctions ne sont pas incompatibles.

Un rôle de médecin prescripteur qui s’élargit

En matière de carrière, certains privilégieront de diversifier leur activité, n’exerçant pas une seule mission mais plusieurs. Cette opportunité est offerte aux jeunes médecins, comme aux praticiens expérimentés, dans le domaine de la gériatrie, à travers les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Dans ces structures, la mission de médecin coordonnateur, véritable chef d’orchestre de l’offre de soins de l’établissement, s’accorde en effet avec le rôle de médecin prescripteur dans certaines conditions. Une manière de concilier deux activités complémentaires et enrichissantes qui offrent de réelles opportunités en matière d’emploi.

Rôle essentiel au bon fonctionnement d’un EHPAD, le médecin coordonnateur s’attelle à mettre en place et organiser le projet général de soins de l’établissement, afin d’assurer la meilleure gestion possible des patients. À l’origine, son statut inclut un volet de prescription limité. Mais ce dernier tend à s’étendre, à l’image de la récente réforme portant sur ce métier. Surtout, le médecin coordonnateur exerce bien souvent en temps partiel au sein de L’Ehpad dont il dépend. Il peut ainsi cumuler une activité libérale et être le médecin traitant d’une partie des résidents de l’établissement.

Organisateur de l’offre de soins

Référent, le médecin coordonnateur a comme principale mission l’encadrement médical de l’équipe soignante. En lien direct avec le directeur d’établissement, sa fonction de coordonnateur l’engage tout aussi bien à juger de l’adéquation des prestations de l’Ehpad avec l’état de santé des patients susceptibles d’y être admis et évaluer, le cas échéant, leurs besoins en soins, qu’assurer l’organisation globale des intervenants salariés ou libéraux au sein de l’établissement. Il est également le garant des bonnes pratiques gériatriques appliquées dans la structure dans laquelle il exerce. À ce titre, il joue un rôle d’encadrement des prescriptions médicales administrées aux résidents. Il n’est cependant pas question d’interférer dans les prescriptions des médecins traitants libéraux qui interviennent directement auprès de leurs patients au sein des EHPAD.

Les patients conservent en effet le choix de leur médecin traitant lorsqu’ils entrent en EHPAD. Ce dernier effectue ainsi la visite des résidents dont il assure le suivi et prescrit les traitements dont ils ont besoin. Ces professionnels libéraux restent des intervenants extérieurs de L’Ehpad. Néanmoins, ils sont en relation avec le médecin coordonnateur afin de s’accorder au mieux au projet de soins général de la structure dont le médecin coordonnateur veille à la bonne application. Tous les résidents d’Ehpad ne conservent toutefois pas leur médecin généraliste lors de leur entrée dans l’établissement et ce, pour différentes raisons. Nombre de structures peinent en effet à couvrir l’ensemble des besoins en matière de médecins référents pour leurs résidents, que ce soit dans les déserts médicaux ou dans certaines périphéries de grandes villes, mais pas seulement. Plusieurs patients également, pour des questions notamment de rapprochement familial, intègrent des EHPAD éloignés de leur ancien lieu de résidence.

Ainsi, le médecin coordonnateur peut, dans le cadre d’une activité libérale complémentaire, endosser le rôle de médecin traitant des résidents dépourvus de référent généraliste. Il est alors en charge de leur suivi médical, comme n’importe quel médecin traitant, et gère les prescriptions en parfaite connaissance et maîtrise de l’organisation et du projet de l’Ehpad dont il a la charge. Mais ces prérogatives en matière de prescriptions ne s’arrêtent pas là.

Prescripteur de substitution

Jusqu’à la réforme de son statut, en effet, la capacité de prescription du médecin coordonnateur en EHPAD était limitée, selon le code de l’action sociale et des familles, « en cas d’urgence ou de risques vitaux » ou en cas de survenue « de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins ». Des risques non définis précisément par ailleurs et qui laissaient une large interprétation des cas susceptibles d’entrer dans cette définition. Le décret portant réforme du cadre du médecin coordonnateur, paru en juillet 2019, inclut désormais dans ces risques le suivi des épidémies de grippe saisonnière. Si ces dernières touchent son établissement, le médecin coordonnateur est autorisé à prescrire des vaccins et des antiviraux. Charge à lui, donc, dans le cadre de la survenue d’une telle épidémie de limiter les risques pour les résidents de la structure.

Mais l’évolution la plus importante du texte concerne la nécessité de traitement en cas d’absence du médecin traitant. La mission du médecin coordonnateur en EHPAD est, là, nettement étendue et clarifiée. Ainsi, lorsque le médecin traitant ou désigné par le patient ou son remplaçant n’est pas en mesure d’assurer une consultation par intervention dans l’établissement, conseil téléphonique ou télé prescription, le médecin coordonnateur de l’établissement peut intervenir pour tout acte, incluant l’acte de prescription médicamenteuse. Dans ce cas, les médecins traitants des résidents concernés doivent être informés des prescriptions réalisées par le médecin coordonnateur.

De réelles opportunités

Cette évolution va dans le sens des changements opérés au sein des EHPAD afin, entre autres, de renforcer la présence du médecin coordonnateur et élargir son champ d’action auprès des résidents directement. De quoi sans doute rendre plus attractif encore ce rôle pilier des établissements accueillant les personnes âgées dépendantes, alors que les besoins actuels de professionnels au sein de ces structures sont réels et les annonces recherchant des médecins coordonnateurs et prescripteurs nombreuses.

Pour devenir médecin coordonnateur en EHPAD, plusieurs options s’offrent à vous. Généralement les médecins qui prétendent à un poste de médecin coordonnateur doivent présenter un diplôme d’université (DU) de médecin coordonnateur ou une capacité de gérontologie validée dans le cadre de la formation médicale continue. Le praticien peut également disposer d’un diplôme d’études spécialisés complémentaire en gériatrie. Dans le cas où le postulant n’aurait pas ces qualifications, son embauche reste ouverte pour peu qu’il s’engage à obtenir ces qualifications dans un délai de trois ans après sa prise de poste.

Découvrez toutes nos offres d’emploi destinées aux médecins et professionnels de la santé.

Share This