Quelles sont les missions d’un médecin collaborateur en médecine du travail ?

15 janvier 2020 | Carrière médicale

Le statut du médecin collaborateur en médecine du travail a été dressé par les décrets du 30 janvier 2012 et du 11 octobre 2016. Recruté par un service de santé au travail, il a l’obligation de suivre une formation durant quatre années. Celle-ci s’effectue auprès de son université afin d’acquérir les compétences nécessaires dans le domaine de la santé en milieu professionnel.

Dans le cadre d’une reconversion, la candidature doit être validée par un service de santé du secteur. Une promesse de contrat est le préalable indispensable à la démarche. Les médecins des services de santé au travail peuvent donc recruter des praticiens non spécialistes de la discipline. Ces recrues sont placées sous leur autorité. Le médecin collaborateur exerce en service de santé au travail interentreprises ou autonome. Le poste de médecin collaborateur peut intéresser un professionnel du milieu médical en retraite. Il cumule alors retraite et emploi selon des horaires souvent assouplis. Encadré par un professionnel qualifié, le médecin en formation ou en reconversion l’assiste dans ses missions quotidiennes. Quelles sont-elles exactement ?

Les compétences du médecin collaborateur

La pénurie de praticiens dans les multiples spécialités médicales affecte le domaine de la santé au travail. La formation est accessible via l’internat. Cependant, le nombre de médecins diplômés de cette spécialité demeure insuffisant. La discipline accueille également les médecins en reconversion à travers deux voies de réorientation.
Malgré cela, le manque de praticiens reste trop élevé pour convenir aux besoins de la profession. Les missions du médecin collaborateur se sont donc progressivement étendues pour pallier cette difficulté. À l’origine, le médecin titulaire était le seul à pouvoir rendre des avis aux salariés. Désormais, le médecin collaborateur en médecine du travail peut lui-même rendre les siens. Facilitant le travail de l’équipe de médecine du travail, ses responsabilités s’en trouvent augmentées.

Dans le cadre du protocole écrit prévu par l’article R. 4623-14, le médecin collaborateur en médecine du travail reçoit ses missions du praticien qui le supervise. Ces affectations sont attribuées en fonction des compétences du collaborateur. Les expériences acquises sont également prises en compte. Le protocole stipule les conditions précises de l’exercice du médecin collaborateur. Sont particulièrement abordées les démarches des examens concernant l’état de santé du salarié. Pratiquant auprès des employés, ces examens de santé représentent la majorité de son temps de travail.

La médecine du travail : la prévention avant tout

Le rôle de médecin du travail concerne principalement la prévention. Le but est d’éviter que les travailleurs aient la santé altérée par leur exercice professionnel. Le praticien surveille leurs conditions d’hygiène sur le lieu d’emploi. Il s’informe sur les risques de contagion le cas échéant. Il contrôle l’état de santé général de l’employé. Autant de missions que le médecin collaborateur exerce à son tour.

Les conseils délivrés peuvent s’adresser au chef de l’entreprise pour garantir les conditions favorables à ses employés. Le médecin vise l’amélioration des conditions de vie et de travail dans l’entreprise. Il prend en compte l’adaptation des postes et des rythmes à la physiologie humaine. Les techniques sont évaluées de la même façon. Le médecin du travail peut échanger avec les représentants du personnel afin que ceux-ci diffusent des informations générales. Lui comme ses collaborateurs interviennent parfois auprès du CSE, Comité Social et Économique. Anciennement CHSCT, cette commission fait appel aux services de la santé au travail dans le but d’obtenir une expertise. L’intervention a lieu si un risque important est constaté au sein d’une entreprise. Il se peut aussi qu’un projet de grande envergure modifie les conditions d’hygiène et de sécurité des employés. Un avis est donc nécessaire et imposé à l’employeur.

Les visites médicales obligatoires et facultatives

Le médecin collaborateur en médecine du travail se dévoue à la protection des salariés. Il prévient contre les risques d’accidents, l’utilisation de produits dangereux ou toutes sortes de nuisances. Il est en capacité de proposer des mesures individuelles si des dangers sont constatés. Une mutation ou une transformation de poste justifiées par l’âge ou l’état de santé de l’employé reçu peuvent être envisagées. Le praticien transmet ses indications à l’employeur qui devra motiver son refus le cas échéant.

Pour parvenir à déterminer l’adéquation entre le poste et l’employé, le médecin effectue les visites médicales obligatoires. À l’embauche, il s’assure que la santé du nouveau salarié peut assumer la fonction demandée. Les visites périodiques vérifient qu’aucun changement notable ne nuit à l’employé. Après un arrêt de travail, les visites de reprise confirment le bon état de santé du professionnel en rapport avec ses charges quotidiennes.

Le praticien collaborateur exécute également des visites facultatives. À la demande de l’employeur ou du salarié, il donne son avis de santé. Un médecin traitant peut le solliciter pour une visite de pré-reprise. Il s’agit alors de déterminer si le rétablissement de l’employé est suffisant ou sous quel délai celui-ci peut reprendre son poste. Comme pour les visites précédemment citées, le praticien en médecine du travail prononce un avis d’aptitude ou d’inaptitude.

Les prescriptions complémentaires

Le médecin collaborateur a la capacité de prescrire ou de réaliser des examens complémentaires. En cas d’épidémie, il met en œuvre le dépistage des maladies dangereuses pour l’entourage du salarié. Il peut aussi informer sur la vaccination et l’effectuer.

En cas de découverte d’une pathologie au cours d’un examen, il oriente son patient vers un médecin de soin ou un spécialiste. En cas d’urgence, il applique les protocoles idoines au sein de l’entreprise.

Les interventions en entreprise

Le médecin collaborateur qui officie comme un praticien qualifié passe une partie de son temps de travail à l’intérieur de l’entreprise. Il contribue à l’amélioration des conditions d’exercice des employés. Il cherche de meilleures adaptations des postes et des rythmes de travail. Pour cela, il visite les locaux. Il étudie les conditions réelles de travail. Il réalise des inventaires comme celui des produits manipulés par les employés. Il mesure et prélève tout ce qu’il juge pertinent pour sa mission : le bruit, la luminosité, la poussière, la fumée… Il peut s’orienter vers l’ergonomie afin d’encourager la mise en place d’outils augmentant le confort des salariés.

Les missions du médecin collaborateur en médecine du travail sont multiples. Expérimenté, sa carrière est assurée dès son diplôme acquis. Sous l’autorité du médecin responsable, il s’attache à la prévention et à la sécurité des employés. Il effectue les visites médicales et peut intervenir directement auprès de l’employeur. Son temps de travail prend en considération la poursuite de sa formation. Une exception concerne le médecin collaborateur remplaçant. Pour une durée ne pouvant dépasser trois mois, le collaborateur exerce la totalité des missions du praticien absent. Cet avenant au contrat est soumis au contrôle du conseil départemental de l’ordre des médecins.

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